Elsa Triolet

Elsa Iourevna Kagan nait en 1896 à Moscou. Elle apprend le français très tôt. Elle fréquente les milieux intellectuels et, passionnée par la poésie, elle fera la connaissance du poète révolutionnaire Vladimir Maïakovski, qui entretiendra une relation avec la sœur d’Elsa Triolet, Lili Brik.

 

Triolet vient de son premier mariage avec André Triolet à Paris en 1919. Elle voyage à Tahiti, vit à Londres et à Berlin, et ses voyages lui inspirent son premier roman A Tahiti, écrit en russe en 1926. 

 

Installée à Montparnasse en 1924, elle fréquente des écrivains surréalistes et des artistes comme Fernand Léger et Marcel Duchamp. Le 6 novembre 1928, dans un bar à Paris, elle rencontre Louis Aragon. Elle devient sa muse et le couple se marie en février 1939. Dans les années trente, elle dessine des colliers pour la Haute couture, écrit des reportages pour des journaux russes, se lance dans la traduction et sort son premier roman en français, Bonsoir Thérèse, en 1938.

 

Louis Aragon devient le poète officiel du Parti Communiste français. Ils participent ensemble en 1930 à la Conférence Internationale des Ecrivains Révolutionnaires à Kharkhov, en Russie. Ils s'engagent tous deux dans la Résistance, en zone Sud (à Lyon et dans la Drôme notamment) et auprès du Parti Communiste Français : Elsa Triolet publie des articles et des enquêtes de presse, mais aussi des romans et des nouvelles. C'est également à ce moment qu'elle écrit Le cheval blanc et Le premier accroc coûte 200 francs, qui lui vaudra le prix Goncourt. Avec Louis Aragon, ils créent en 1943 du Comité National des Ecrivains pour la zone sud et fondent le journal La Drôme en armes en 1944. 

Appartenant au Comité national des écrivains (CNE), Elsa Triolet s'attache à promouvoir la lecture et la vente de livres dans les années 50. 

 

Ses nombreux voyages avec son mari dans les pays socialistes lui font prendre conscience des crimes commis en Union soviétique, mais elle attendra 1957 pour exprimer sa critique du stalinisme en publiant Le Monument suivi des trois romans du cycle L'Âge de Nylon. Elle intervient activement en 1963 pour faire traduire et paraître en France le roman d'Alexandre Soljenitsyne Une journée d'Ivan Denissovitch. Elle soutien les artiste et écrivains tchèques pendant le Printemps de Prague en 1968 à travers la revue Les lettres françaises que dirige Louis Aragon. La falsification de son ami Vladimir Maïakovski par le pouvoir soviétique la pousse à écrire Le Grand Jamais (1965) et Ecoutez-voir (1968). 

 

Elle est la première femme à obtenir le prix Goncourt pour son livre Le premier accroc coûte 200 francs, en 1945. Elle sera à l’origine d’une trentaine d’ouvrages, en grande majorité écrits en français, ainsi que de plusieurs traductions dans les deux langues.

 

Elle s’éteint le 16 juin 1970 dans la propriété du couple dans les Yvelines, et repose aujourd'hui aux côtés de son mari. Sur leur tombe, on peut lire cette touchante épitaphe d'Elsa Triolet : "Quand côte à côte nous serons enfin des gisants, l'alliance de nos livres nous réunira pour le meilleur et pour le pire, dans cet avenir qui était notre rêve et notre souci majeur, à toi et à moi".

 

 

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